Archive de la catégorie «Articles de presse»

Kader Arif invité à Casablanca

12, avril 2007

Kader Arif, patron de la fédération PS de Haute-Garonne, a rencontré les militants et sympathisants socialistes mercredi soir à Casablanca. Sa conférence sur la coopération euro-méditérannéenne a mis en avant le programme de la candidate Ségolène Royal fondé sur la relance du dialogue nord-sud. Après quelques piques dirigées vers la concurrence.


Le président de la fédération PS de Haute-Garonne a été le rapporteur des débats participatifs de Ségolène Royal lors du dernier rassemblement socialiste à Villepinte-Paris le 11 février dernier. Natif d’Alger, installé à Castres, dans le Tarn, sur les terres de Jean Jaurès, Kader Arif est député européen PS chargé de la mondialisation. Son parcours l’a ammené à devenir un expert de la coopération euro-méditérannenne comme l’a confirmé sa conférence de mercredi soir. Il s’est exprimé devant un parterre de militants et sympathisants socialistes de Casablanca, invités par l’Association Démocratique des Français de l’Etranger. Il avait fait de même la veille à Rabat.

Pour Kader Arif la campagne présidentielle 2007 est une drôle de campagne. “Aucun thème fort n’est installé. On sent bien chez nos concitoyens qu’ils se posent la question : qui désigner pour demain?” Il n’a pas nié que le candidat idéal n’existait pas, idem donc pour la candidate…
Au pasage, il a fustigé le programme du candidat UMP Nicolas Sarkozy. Un homme “dont la capacité à conquérir le pouvoir, très personnalisée“, inquiète. “A l’image de son projet de ministère de l’Identification et de l’Immigration” qui fait dire à Kader Arif que Sarkozy “chasse sur les terres du Front National“. Il a aussi critiqué “le bouclier fiscal” du programme UMP “qui donnera 20 milliards d’euros aux riches” et le “travailler plus pour gagner plus” qui concerne toujours les mêmes, “ceux qui sont en galère“. Quant à la menace du candidat François Bayrou (UDF), il affirme d’emblée “que le centre politique n’existe pas” car il est avec la droite. « L’UDF a voté les lois de l’UMP au Parlement durant cinq ans, comme le CPE, le CNE… »


Développement et pauvreté

Kader Arif a ensuite développé ses vues sur la zone de libre échange euro-méditerranéenne. L’objectif de cette zone doit rester “celui d’un commerce au service du développement et de la réduction de la pauvreté“. Il affirme que Ségolène Royal “en fait une priorité“. Le PS veut “sortir des politiques des petits pas“, faire de cette zone “un espace stabilisé et de de paix“. S’agissant de la question migratoire, il estime que “le Maroc n’a pas à protéger la forteresse européenne. L’Europe ne doit pas piller la matière grise africaine comme elle l’a fait des ressources de ce continent“. Selon lui, “les politiques doivent prendre le contrôle de la Banque Centrale Européenne. Car ce sont eux qui répondent devant l’opinion”. Il milite “pour la construction d’une union du Maghreb arabe” qui se fera après le règlement de l’épineux dossier du Sahara occidental (les Provinces du sud). La question d’un statut d’autonomie avancé du territoire sahraoui, impliquant le Maroc, l’Algérie et le front Polisario sera en effet évoquée le 21 avril prochain à l’ONU. Pour les socialistes, “il devra se faire sous l’égide des Nations Unies avec une consultation des populations concernées“.
Didier BOUVILLE (www.lepetitjournal.com -  Casablanca) Jeudi 12 avril 2007

Toulouse : dernier meeting du 1er tour pour Ségolène Royal

Kader Arif a annoncé que le dernier meeting, du 1er tour, de la candidate socialiste se fera dans sa fédération, le jeudi 19 avril, à Toulouse. Le thème de l’euro-méditérannée y sera évoqué en présence notamment de José Luis Rodríguez Zapatero, Président du gouvernement espagnol.

Les Français de l’étranger peuvent faire basculer le scrutin

3, avril 2007

LE MONDE | 03.04.07 | 15h05

Le nombre des Français de l’étranger qui vont participer cette année aux élections françaises est en très forte augmentation. Près d’un million s’apprêtent à faire leur devoir électoral aux quatre bouts du monde, et surtout en Europe. Autant dire que leur vote pèsera lourd en cas de scrutin serré à l’élection présidentielle des 22 avril et 6 mai.

Selon les listes consulaires arrêtées le 28 février par la Commission nationale électorale, 941 364 électeurs se sont inscrits : 821 600 ont choisi d’exercer leur droit de vote de l’étranger, 119 764 participeront à l’élection en France, en votant personnellement ou par procuration. Ce petit million représente presque le double de ceux qui s’étaient inscrits en 2002 pour la dernière élection présidentielle, soit 436 063 électeurs de plus.

CAMPAGNE DE MOBILISATION

Cette augmentation reflète plusieurs phénomènes : d’abord une hausse très sensible du nombre de Français qui s’installent à l’étranger. Il est passé en sept ans de 2000 à 2006, d’un million à 1,37 million, dont 615 000 ont une double nationalité. Pour l’Europe seule, on est passé de 520 000 à 688 000 personnes. Et ce nombre n’intègre que les personnes inscrites sur les registres consulaires. En Europe notamment, où la proximité ne pousse pas forcément aux démarches administratives, un nombre indéterminé de Français ne se fait pas forcément connaître officiellement dans les consulats. Ils votent en France, où ils ont généralement gardé des attaches. La Belgique estime à 160 000 le nombre de Français chez elle, contre 82 000 officiellement.

L’importance de ces chiffres a amené les autorités françaises à prendre des mesures pour faciliter la participation au vote de leurs ressortissants. Il n’a pas échappé non plus aux dirigeants de la droite française au pouvoir qu’une majorité de ces Français de l’étranger leur avaient jusqu’ici toujours donné une majorité. Valérie Pécresse, dans un interview au quotidien suisse Le Matin, en octobre 2006, notait que “les deux tiers des Français à l’étranger votent UMP”.

Le gouvernement a demandé à ses représentations à l’étranger de lancer des campagnes de mobilisation auprès des communautés. Et le nombre des bureaux de vote a été augmenté pour éviter d’avoir à parcourir des distances trop longues pour exercer son droit de vote. 546 bureaux seront ouverts, dont 164 bureaux de vote décentralisés créés en dehors des locaux consulaires.

Le vote des Français de l’étranger n’est pas non plus un vote complètement typique. On a affaire à des électeurs qui ont du recul par rapport aux préoccupations du pays et font rentrer davantage en ligne de compte l’image de la France à l’étranger, sa capacité d’influence.

Lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2002, marqué par le score de Jean-Marie Le Pen, qui s’était imposé pour le deuxième tour en devançant Lionel Jospin, cet électorat s’était laissé beaucoup moins entraîner dans l’éclatement des suffrages observé en France. Le président Chirac avait obtenu 30,54 %, Lionel Jospin 22,75 % et Jean-Marie Le Pen 6,49 %.

Henri de Bresson

Les candidats répondent aux associations du Conseil de l’Inter-LGBT

2, avril 2007

Les associations du Conseil de l’Inter-LGBT (Lesbienne, Gay, Bi et Trans) ont élaboré en janvier dernier un questionnaire à l’attention des candidat-e-s à l’élection présidentielle. Ce questionnaire a été adressé à François Bayrou, Olivier Besancenot, José Bové, Marie-George Buffet, Arlette Laguillier, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Dominique Voynet. Les associations ont choisi de ne pas l’adresser à Jean-Marie Le Pen ni à Philippe de Villiers, contre lesquels elles appellent à se mobiliser : pour l’Inter-LGBT, ces candidats prônent la discrimination. Frédéric Nihous et Gérard Schivardi, qui n’avaient pas été perçus comme des acteurs décisifs du débat public, n’ont pas été contactés.

Tou-te-s les candidat-e-s interrogé-e-s ont répondu, sauf Arlette Laguillier. L’Inter-LGBT a déjà rendu publiques leurs réponses sur son site internet. Aujourd’hui, elle en propose une analyse critique.

Dans ce document, sur chacune des questions, l’Inter-LGBT s’est efforcée de retenir les points clés des réponses de chacun-e des candidat-e-s et d’y apporter son analyse critique. L’ambition de ce document est en effet d’éclairer le débat électoral en rendant publics les choix faits par les candidat-e-s sur les questions LGBT.


Le droit au séjour des pacsé-e-s

Êtes-vous favorable à une amélioration du droit au séjour pour les personnes étrangères pacsées avec un-e Français-e ?

Dominique Voynet, Olivier Besancenot, Ségolène Royal, José Bové, Marie-George Buffet et François Bayrou s’engagent sur cette proposition.

Nicolas Sarkozy est le candidat le plus exposé sur cette question, au vu de ses récentes fonctions ministérielles. Il affirme « en tant que ministre de l’Intérieur, [avoir] pris deux circulaires permettant aux étrangers pacsés avec des Français d’obtenir un titre de séjour dans les mêmes conditions que pour les couples mariés, et même dans des conditions plus favorables depuis que la loi de 2006 sur l’immigration est entrée en vigueur ». Il souligne que « le risque de fraude étant encore plus facile avec le PACS qu’avec le mariage, nous aurions été débordés par une nouvelle filière d’immigration, ce que ni les associations concernées, ni moi-même ne voulaient ». En cohérence avec sa proposition de création d’Union civile, il répond à cette question en proposant que le droit au séjour ainsi ouvert par son projet soit le même que pour les couples mariés. Le pacs étant remplacé par cette Union, la question posée deviendrait alors sans objet.

Ce point mérite qu’on y prête attention, car il est techniquement compliqué, et concerne la grave question du droit des couples à vivre ensemble sur le territoire français.
Le 4 avril 2002, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Daniel Vaillant, publiait une circulaire fixant les conditions d’attribution d’un titre de séjour d ‘un an renouvelable aux partenaires étrangers pacsés avec un Français. Pour en bénéficier, il fallait donc faire la preuve d’une vie commune continue d’un an sur le territoire français, quelle que soit la date de signature du pacs.
Cette circulaire était toutefois mal appliquée. Des négociations ont commencé avec le ministère de l’Intérieur, alors sous l’autorité de Nicolas Sarkozy, mais n’ont jamais abouti. C’est son successeur, Dominique de Villepin, qui publie une nouvelle circulaire le 30 novembre 2004, après négociation avec l’Inter-LGBT et l’ARDHIS, pour reprendre les termes de la circulaire Vaillant. Ensuite, à la demande de l’Inter-LGBT et de l’ARDHIS, Nicolas Sarkozy, redevenu ministre de l’Intérieur, publie une autre circulaire le 16 janvier 2007, indiquant aux préfectures que la circulaire de 2004 s’applique toujours, malgré les signes contradictoires donnés par la dernière loi sur l’immigration et le séjour votée en 2006.
Nicolas Sarkozy tord la vérité sur quatre points :

1. -Les services du ministère de l’Intérieur ont indiqué lors d’un rendez-vous officiel le 2004, qu’après étude, le pacs n’est pas un moyen de contournement des lois : statistiquement, pour le ministère, il n’existe pas de pacs blanc. Les associations auxquelles Nicolas Sarkozy fait référence, en l’occurrence l’Inter-LGBT et l’ARDHIS, n’ont jamais craint qu’une inscription du pacs dans la loi ouvre la voie à « une nouvelle filière d’immigration ». Auraient-elles eu cette angoisse que les services du ministère les auraient rassurées avec leur enquête interne. En réalité, si elles ont accepté de négocier sur deux circulaires, c’est parce qu’elles n’avaient pas d’autres choix : elles ont en effet déploré en 2004 comme en 2006 que les lois votées ne reconnaissent pas le pacs.

2. -Pendant toute la législature, les conditions du droit au séjour pour les couples pacsés sont restées rigoureusement identiques aux dispositions de la circulaire Vaillant, ce qui, il est vrai, dans un contexte de dégradation du droit au séjour pour les étrangers, peut être présenté comme une concession au mouvement LGBT. Dans cet esprit, sans doute faut-il aussi accueillir comme une autre concession un examen au cas par cas des situations présentées par l’ARDHIS et l’Inter-LGBT face à l’arbitraire de certaines préfectures. Mais cela ne s’est pas fait sans incidents : des étrangers pacsés avec des Français ont été expulsés, et il a fallu la mobilisation des associations pour obtenir leur retour en France. Sans parler des expulsions dont les associations n’auraient pas eu connaissance. Sans parler des difficultés de plus en plus systématiques pour les étrangers pacsés qui veulent entrer en France de façon régulière afin de rejoindre leur partenaire et qui n’obtiennent pas de visas de long séjour. Sans parler, enfin, des difficultés des couples binationaux installés à l’étranger qui ne peuvent plus se pacser dans certains consulats français, comme au Maroc ou en Tunisie.

3. -Nicolas Sarkozy n’est véritablement l’auteur que d’une seule circulaire, celle du 16 janvier 2007, et non de deux.
4. -Les conditions du séjour des étrangers pacsés ne sont pas plus favorables que celles des étrangers mariés. Rappelons que pendant une période qui peut aller jusqu’à un an, voire plus dans la pratique, des étrangers pacsés n’ont d’autre choix que de rester dans la clandestinité avant de présenter à la préfecture de leur lieu de résidence les preuves d’une vie commune. Les conditions de séjour des couples mariés binationaux se sont certes dégradées, notamment au niveau des contrôles a priori, mais pas au point de contraindre l’époux-se étranger-ère à un an de clandestinité avant de voir sa situation régularisée.
Au regard de l’analyse qui est la nôtre de la réponse de Nicolas Sarkozy, cette question peut être perçue comme une question piège. Il n’en est rien. Sur ce sujet, l’Inter-LGBT n’a jamais voulu rompre ses relations avec le ministère de l’Intérieur, car une telle rupture se serait faite au détriment de nombreux couples binationaux qui n’ont pu voir leur situation régularisée que par un traitement au cas par cas. L’Inter-LGBT fait crédit à l’ancien ministre d’avoir accepté ce dialogue, faute de mieux, et elle n’en attend rien en retour, si ce n’est un peu d’honnêteté intellectuelle et le respect de la vérité des faits.

6. Solidarité internationale

Le droit d’asile

Quelle réforme du droit d’asile proposez-vous, pour permettre un accueil des demandeurs d’asile qui soit respectueux de leurs droits (formation des personnels de l’OFPRA aux problématiques de persécutions fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre, reconnaissance des menaces d’origine non-étatiques) ? Êtes-vous favorable à la suppression de la notion de pays d’origine sûr ?

Dominique Voynet est favorable à un meilleur accueil de ces réfugiés, mais ne précise pas par quels moyens.

Olivier Besancenot évoque un « élargissement » du droit d’asile, mais sa réponse est inexploitable.
Ségolène Royal veut une application non discriminatoire du principe du droit d’asile pour les personnes persécutées en raison de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle, qui tienne compte « non seulement des persécutions officielles (criminalisation de l’homosexualité) mais également, lorsqu’elles sont avérées, des persécutions de fait. »
Nicolas Sarkozy met en avant son bilan en matière de droit d’asile, sa réforme permettant selon lui « d’éviter le détournement du droit d’asile par des filières d’immigration clandestine et des passeurs, et de sauvegarder ce qui fait l’honneur de la France, sa tradition d’asile politique pour toutes les populations persécutées. » Concernant les demandeurs d’asile « victimes de discriminations sexuelles », il juge « nécessaire que les personnels de l’OFPRA en charge de ces sujets soient sensibilisés à ces problématiques particulières, notamment au cours de leur formation. »

José Bové dénonce justement ce bilan, et déplore certaines pratiques de l’OFPRA, et rappelle la France à son devoir, tout en soulignant que les persécutions subies n’ont pas seulement une origine étatique. Marie-George Buffet veut abroger « les lois qui ont assimilé droit d’asile et politique d’immigration », et mobiliser des moyens nouveaux pour l’accueil des réfugiés.
François Bayrou ne veut pas que « ces questions relèvent de l’appréciation de personnels non formés. » Il n’est pas défavorable à la révision des critères, mais ne précise pas comment.
Dominique Voynet, Marie-George Buffet et José Bové sont favorables à la suppression de la notion de pays d’origine sûr. Olivier Besancenot et Ségolène Royal ne répondent pas à la question. Nicolas Sarkozy juge que la « suppression de la notion de pays d’origine sûr se ferait au détriment de ceux qui ont le plus besoin de protection. » François Bayrou veut préciser cette notion « en prenant en compte les comportements de ces pays par rapport à l’identité sexuelle. »

Aucun des candidats interrogés n’est évidemment contre l’octroi du droit d’asile en faveur des personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Certaines réponses révèlent cependant que le sujet n’a pas forcément fait l’objet d’une réflexion très poussée. La notion de menaces, de craintes fondées de persécution, qui peut justifier une protection sans qu’il n’y ait forcément eu des exactions commises, n’est par exemple pas reprise par les candidats.

Nicolas Sarkozy, cette fois aussi le plus exposé des candidats, n’est pas de ceux qui ont le moins réfléchi sur le sujet : sa proposition d’améliorer la formation des personnels de l’OFPRA en témoigne. Mais c’est surtout au titre de son bilan de ministre qu’il fait valoir son expérience, bilan unanimement dénoncé par les organisations de défense du droit d’asile. On notera notamment que, sous son impulsion, la France a établi une liste de « pays d’origines sûrs » en attendant que le projet d’une liste commune à tous les pays membres de l’UE aboutisse. Cette liste comprend un certain nombre de pays pénalisant les pratiques homosexuelles : les réfugiés persécutés ou menacés en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre ne figureraient-ils parmi « ceux qui auraient le plus besoin de protection » ?

L’action de la France face aux pays qui persécutent les LGBT

Comment comptez-vous intervenir auprès des États et des organisations internationales pour faire respecter les droits fondamentaux des personnes LGBT persécutées dans plus de 60 pays dans le monde ?

Dominique Voynet demande « une fermeté bien plus grande vis-à-vis des pays auteurs de ces discriminations. » « Des rétorsions en terme de coopération doivent être envisagées » selon elle.

Olivier Besancenot ne répond pas à cette question.

Pour Ségolène Royal, « la France doit reprendre son rôle moteur sur la scène internationale et renouer avec la vocation qui était la sienne en matière de défense des droits humains. » Elle s’engage en faveur d’une « condamnation ferme et explicite de la pénalisation de l’homosexualité partout où elle existe et par le soutien aux initiatives internationales en faveur d’une reconnaissance formelle de l’égalité des droits des personnes LGBT. »
Nicolas Sarkozy « considère qu’il est du devoir de la France de défendre les droits de l’homme partout dans le monde. »

José Bové rappelle les affaires d’homophobie les plus graves de ces dernières années. Il veut intervenir auprès de chacun des chefs d’États qu’il sera amené à rencontrer s’il est élu, et faire intégrer les droits humains dans « les accords diplomatiques et commerciaux. »
Marie-George Buffet identifie « deux moyens : la pression diplomatique, et si elle ne suffit pas, des sanctions économiques. »

Pour François Bayrou, « la question des droits des personnes LGTB est en fait une question de droits de l’homme. La France doit faire plus entendre sa voix à ce sujet dans les organisations internationales. »

L’Inter-LGBT a publié un bilan très sévère de l’action de la diplomatie française sur ces questions au cours de la mandature qui s’achève. Avec plus ou moins de précision sur les moyens qu’ils indiquent, il faut se réjouir de ce consensus entre les candidats interrogés pour que la France s’engage enfin dans la défense des droits humains. Ce domaine relève de la responsabilité directe de la présidence de la République : les promesses faites seront donc vérifiables dès le mois de mai, tant les sujets internationaux qui préoccupent les organisations de défense des droits humains sont nombreux.

Les Français d’origine africaine pour Ségolène Royal,selon un sondage.

26, mars 2007

http://www.maliweb.net/

Samedi 24 Mars 2007

C’est une bonne nouvelle pour la gauche et bat en brèche l’idée que les immigrés en France seraient “répressifs” : Ségolène Royal est plébiscitée par les Français d’origine africaine qui voteraient pour elle à 57% au 1er tour de l’élection présidentielle et à 85% au second tour face à Nicolas Sarkozy, selon un sondage Ifop pour le magazine Jeune Afrique.

Au 1er tour, la candidate du PS distancerait nettement François Bayrou, crédité de 19% d’intentions de vote, et Nicolas Sarkozy qui en recueille 11%. Jean-Marie Le Pen, lui, n’obtiendrait que 1%.

Au second tour, Mme Royal l’emporterait sur M. Sarkozy avec 85% des voix contre 15%. Elle battrait également M. Bayrou avec 71% des suffrages contre 29%.

Dans l’hypothèse d’un second tour opposant le candidat de l’UDF à celui de l’UMP, M. Bayrou serait vainqueur avec 83% des voix contre 17%.

Selon l’Ifop, les Français d’origine africaine représentent entre 3,5% et 4% de l’électorat.

Compte tenu de l’impossibilité de connaître la structure de cette population inscrite sur les listes électorales, l’Ifop a utilisé des données extraites du cumul des quatre vagues du Baromètre politique français réalisé pour le Cevipof et le ministère de l’Intérieur. Parmi les 21.776 personnes interrogées, 806 déclaraient avoir un parent ou un grand-parent originaire d’Afrique.

Sondage réalisé en face à face du 7 au 9 mars auprès d’un échantillon de 526 personnes, représentatif de la population française d’origine africaine âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales (méthode des quotas). Notice détaillée consultable auprès de la Commission des sondages.

Ségolène, ça décoiffe !

26, mars 2007

http://www.jeuneafrique.com/

18 février 2007 – par FRANÇOIS SOUDAN

En vieux routier désabusé, Jacques Chirac était sans doute le premier à ne pas se faire d’illusions. Pendant qu’il prononçait, à Cannes, son discours d’adieu à l’Afrique, ses pairs auditeurs – tout au moins ceux pour qui le rapport avec la France a des implications en termes de politique intérieure – avaient la tête ailleurs. De quoi sera faite, se demandaient-ils, la relation franco-africaine au lendemain de l’élection présidentielle ?

Concernant le candidat Nicolas Sarkozy, deux repères relativement précis existent en la matière : son discours de Cotonou, en mai 2006, et une longue interview à Jeune Afrique, en novembre.

Côté Ségolène Royal, hormis quelques petites phrases, rien de substantiel jusqu’à la publication le 8 février dans Témoignage chrétien – hebdomadaire de gauche proche des ONG et des milieux altermondialistes – d’un « Projet pour l’Afrique » certes sans grandes surprises, mais qui confirmera les craintes de quelques baobabs orphelins du « grand Jacques ». Pour la candidate socialiste, le diagnostic politique est sans appel : les deux mandats Chirac ont été, en ce domaine, synonymes d’« immobilisme », de « désordres sans précédent », d’« amitiés personnelles » coupables, de « politique clientéliste » et d’association de la France « aux régimes les plus contestables du continent ».

Au passage, Royal exécute en trois lignes les positions de son principal rival : « Les récentes déclarations du candidat de l’UMP, qui s’inscrivent sans retenue dans les mêmes réseaux que le président Jacques Chirac, ne sont pas de nature à rassurer. » Allusion transparente aux amitiés, revendiquées par Sarkozy dans son entretien avec J.A., avec Omar Bongo Ondimba, Denis Sassou Nguesso et quelques autres.

Le réquisitoire achevé, place aux propositions. Royal annonce un aggiornamento de la relation franco-africaine fondé à la fois sur la transparence à tous les étages et sur ces deux piliers d’une « rénovation politique » que sont les ONG et les sociétés civiles. Dans ce cadre, la candidate se veut sans concessions :

- « Renégociation » ou, au minimum, « clarification » de tous les accords de défense et de coopération militaire en cours entre la France et les pays africains.

- Débat obligatoire préalable à l’Assemblée nationale en cas d’intervention armée dans un conflit en Afrique.

- Appui systématique à tous les mécanismes contribuant à l’émergence et au renforcement de la démocratie et des droits de l’homme. En l’occurrence les sociétés civiles et les ONG, par qui transitera désormais un pourcentage non négligeable de l’aide française.

- Fin des « pratiques qui ont terni l’image de notre pays en Afrique » et incitation lourde auprès des régimes en place afin qu’ils incluent « l’opposition et la société civile dans le jeu démocratique ». C’est le seul moyen, estime Royal, d’éviter que « nous nous trouvions réduits à intervenir militairement dans la précipitation au profit de régimes réputés amis » – comme au Tchad et en Centrafrique.

- Obligation pour les entreprises françaises de « publier ce qu’elles paient » – c’est-à-dire de rendre publiques les sommes versées aux États pour l’exploitation de leurs richesses naturelles. « Les citoyens africains, écrit Royal, ont le droit de savoir ce que leurs gouvernements perçoivent des compagnies étrangères, et les consommateurs français doivent pouvoir s’assurer que l’essence qu’ils achètent n’entretient pas un régime despotique. »

- Soutien actif aux mouvements qui luttent contre l’excision, pour le droit des femmes à maîtriser leur fécondité et à une juste représentation politique.

- Accent mis le plus fermement possible sur toutes les initiatives favorisant le développement durable (microcrédit, commerce équitable, énergies renouvelables, etc.).

- Aide publique portée à 0,7 % du PIB.

En somme, et même si le dossier numéro un du moment – la Côte d’Ivoire de l’opération Licorne et du « camarade Laurent » – n’est curieusement (ou prudemment) pas abordé, ça décoiffe. « Si cette dame est élue, ce sera le pouvoir aux ONG ! » s’exclamait devant nous il y a peu, visiblement inquiet, un chef d’État pilier de la « Françafrique ». Avant de tenter de se rassurer : « Mais elle se heurtera vite au principe de réalité, comme Mitterrand lorsqu’il dut se résoudre à écarter Jean-Pierre Cot. » Voire… Vingt-cinq ans après, ce n’est plus la politique française en Afrique qui est en avance sur les réalités, les pesanteurs et les résistances du terrain. C’est l’inverse.