Archives pour mai 2007

La chronique d’un Royaliste au Maroc #10 – mercredi 25 avril 2007

24, mai 2007

Bonjour à tous,

Alors que les journalistes sont de plus en plus nombreux à rapporter les tentatives d’intimidation dont Sarkozy s’est rendu coupable à leur égard, je tiens à rassurer ceux d’entre vous qui s’inquiéteraient pour mon intégrité physique : je ne fais pas partie de ceux que Sarko a menacés, la récente raréfaction de mes chroniques est tout simplement due à de bonnes vacances passées en Espagne… Après un premier tour riche en émotions, c’est donc avec joie que je reprends mon clavier.

Je ne m’étendrai pas sur les résultats de ce premier tour, même si la chute de Le Pen et la participation record m’ont fait bien plaisir… Je ne parlerai pas non plus de stratégie électorale et de la course au centre à laquelle se prêtent actuellement les deux candidats, la question est assez épineuse pour être laissée à Ségolène, qui s’en est d’ailleurs admirablement tirée ce soir sur France 2 dans l’émission d’Arlette Chabot.

A ma grande honte, j’ai plutôt envie de partager la joie de Jean-Marie Colombani (ce n’est pas ma faute) : nous allons enfin avoir pouvoir assister à un vrai débat gauche-droite, après ces années troublées par la présence de Le Pen au second tour en 2002 et après le brouillage des lignes occasionné par la campagne européenne de 2005. Cependant, certains Croisés voudraient voir en ce débat salutaire une occasion de diaboliser l’ennemi, de se lancer dans un combat épique contre le fascisme. Vous avez certainement vu comme moi ces textes qui circulent sur Internet, et qui comparent Sarkozy à Mussolini. Certains n’hésitent pas à rappeler que Hitler est arrivé au pouvoir démocratiquement, et que c’est une excellente raison pour se méfier de l’ex-ministre de l’Intérieur ! Je pense personnellement que le point commun le plus marquant entre les deux hommes est leur petite taille. Mais surtout, je me dis que ce genre de propos ne fait rien pour aider Ségolène à gagner.

Non, Sarkozy n’est pas un fasciste, il est bien pire ! Un tel amalgame contribue à maintenir l’éventuelle accession au pouvoir du candidat de l’UMP dans le domaine du fantasme, de l’irréel, des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter ! Sarkozy n’est pas un fasciste, mais il est bel et bien un homme de droite, c’est même l’homme de toutes les droites : il emprunte aux ultra-libéraux le mensonge selon lequel on peut réduire la dette en réduisant les impôts (de préférence ceux des riches), il emprunte aux traditionalistes l’accent mis sur les valeurs au détriment des propositions, il emprunte aux nationalistes la méfiance envers les immigrés, il emprunte aux gaullistes le mythe de l’homme providentiel… La liste est encore longue, et tout cela n’a rien à voir avec le fascisme, ce sont des réalités tangibles, ancrées dans notre époque, des réalités qui nous menacent réellement si par malheur Nicolas Sarkozy était élu le 6 mai.

Il n’est pas besoin de jouer à se faire peur en ressuscitant les fantômes de Mussolini et de Hitler, la réalité suffit amplement. Nous avons d’ailleurs une chance incomparable par rapport ceux qui ont vécu la montée du fascisme, la vraie, celle des années 30 : nous ne sommes pas devant un phénomène irréversible, rien n’est encore joué. Beaucoup d’entre vous ont des réticences à l’égard de Ségolène Royal, mais dimanche 6 mai, pour éviter le pire, il ne suffira pas de glisser sagement son bulletin dans l’urne puis de courir regarder la soirée électorale sur TF1. Nous avons besoin de toutes les énergies pour convaincre ceux qui n’ont pas voté au premier tour, ceux qui trouvent que les programmes des deux candidats se ressemblent trop, ceux qui trouvent que Ségolène fait trop de concessions au centre, ceux qui trouvent qu’elle en fait trop à gauche, ceux qui trouvent qu’après tout, l’élection de Sarkozy serait une bonne punition pour la France, vous savez, ceux qui prennent un air blasé pour vous citer du De Gaulle : « les Français sont tous des veaux ! ».

J’ose espérer que les Français ne sont pas des veaux. Nous connaissons tous des personnes qui hésitent à se déplacer lors du second tour. C’est le moment où jamais de les inviter à parler politique autour d’un verre, vous ne trouvez pas ?

A bientôt,

Adrien

La chronique d’un Royaliste au Maroc #12 – jeudi 10 mai 2007

24, mai 2007

Bonjour à tous,

Tiens, on est le 10 mai… C’est une jolie date, non ? En tous cas, c’est une très bonne date pour que, après quelques jours passés à ressasser des idées plus ou moins noires, je me décide à vous en pianoter une petite synthèse. Ce n’est pas parce que Ségolène a perdu que je vais me priver de chronique !

Ah, quelle déception ! Bon, je n’étais pas aveugle au point de croire que, comme le disait Renaud dans une chanson au titre fort à propos, « le matin du grand soir allait venir »… Mais ça fait quand même très mal ! La douleur est grande, et la tentation est forte de se retirer de la vie politique… Cela dit, en plus de la certitude que j’ai de m’y ennuyer comme un rat mort, je vois quelques raisons de ne pas m’exiler sur l’île de Ré, et je vais m’empresser de les partager avec vous…

Tenez le vous pour dit, je vais continuer à vous embêter avec mes délires politisés ! N’hésitez donc pas à vous « désinscrire » de ma mailing-list si vous n’avez plus envie d’entendre parler de Ségolène, de Sarkozy, du Parti Socialiste et de toutes ces joyeusetés… Et d’ailleurs, tenez-vous bien, cette chronique est un appel à ceux d’entre vous qui s’en sentiraient le courage : adhérez au PS ! Oui, je sais, c’est un peu incongru en ce lendemain de défaite, je ferais mieux d’appeler à autre chose…

Cependant, il faut secouer ce parti complètement sclérosé, qui a réussi le tour de force de perdre trois élections présidentielles de suite. Si nous perdons la prochaine, nous aurons battu la triste performance de la gauche au début de la Ve République, qui avait perdu les élections de 1965, 1969 et 1974, mais pas celle de 1981 !

Et le PS ne va pas se secouer tout seul, croyez-en la petite expérience que j’ai pu accumuler depuis un peu moins d’un an que je suis socialiste ! Si vous le permettez (j’adore ce genre de formules inutiles), je vais vous dire comment je vois les choses : les centristes du PS vont certainement regagner le nouveau parti de Bayrou, et c’est mieux pour tout le monde. Resteront, à se scruter le blanc des yeux pour voir si par hasard il ne va pas en sortir quelque chose, les deux tendances qui se disputent le parti depuis quelques années. D’un côté, ceux des sociaux-démocrates qui ne se sentiront pas assez centristes pour rejoindre notre Béarnais continueront d’essayer de nous faire passer leur recette de la soupe à la grimace comme la seule innovation possible. Il est d’ailleurs assez amusant de voir que l’une des idées les plus caractéristiques de l’après-guerre, la social-démocratie, est brandie par certains comme la seule clé de l’avenir. En face, les autres, auxquels je peine à trouver un nom, chercheront dans un effort aussi désespéré qu’inutile, à capter par un discours radicalisé les voix d’une extrême-gauche qui commence à furieusement ressembler à une espèce en voie de disparition (environ 10% des voix en tout au premier tour).

Puisque, comme je vous le disais au début de cette chronique décidément bien enflammée, nous sommes le 10 mai, souvenons-nous de Mitterrand. Il n’y a qu’une seule solution, si l’on veut éviter de se faire battre par Tonton, qui avait tout de même réussi à faire gagner la gauche au bout 4 élections présidentielles (précisons à l’usage des puristes que Mitterrand ne s’était pas présenté en 1969) : injectons du sang neuf dans ce vieux parti à l’agonie ! Adhérons-y en masse pour le bousculer, pour l’obliger à dépasser ses clivages préhistoriques ! Ségolène a fait des erreurs durant la campagne (sinon, elle aurait gagné, et on n’en serait pas là, eh banane !), mais elle a eu le mérite de faire bouger les lignes au sein du parti. Peu importe que ce soit elle ou quelqu’un d’autre qui reprenne le flambeau, ce qui compte à mes yeux, c’est que les idées qu’elle a défendues au début de la campagne, que cette nouvelle manière de faire de la politique fondée sur le dialogue avec les « vrais gens », comme elle l’a dit de manière un peu réductrice, ne restent pas lettre morte.

Et ceci n’est possible que si de nouvelles personnes viennent apporter la contradiction à ces socialistes habitués à une dialectique ronronnante où pas grand chose ne se passe… La vague d’adhésions de l’année dernière était un bon début, et elle a sans doute permis à Ségolène de remporter la primaire et de commencer à faire bouger les lignes. Une seconde vague rendrait le Ségolénisme lui-même obsolète (ce que je sais être le vœu le plus cher de certains) et nous mettrait dans les meilleures dispositions pour, en 5 ans, bâtir une force de proposition digne de ce nom ! Peu importe que nous soyons d’accord ou pas, ce qui compte, c’est de faire vivre la gauche. Le Parti Socialiste est une caisse de résonance qu’il serait dommage de ne pas utiliser…

J’en ai fini pour aujourd’hui… A ceux qui me demandent depuis dimanche si ça va : voilà où j’en suis… Aux autres : j’espère ne pas vous avoir trop importunés avec mon lyrisme déplacé…

A bientôt pour de nouvelles aventures.

Adrien

PS : Tout le monde n’est pas obligé de connaître le répertoire de Renaud par cœur : le titre de la chanson évoquée en début de chronique, c’est « Socialiste ».

La chronique d’un Royaliste au Maroc #11 – samedi 5 mai 2007

24, mai 2007

Bonjour à tous,

La campagne officielle est finie depuis hier soir, mais bon, ma campagne à moi n’est pas officielle, je ne fais jamais qu’écrire des mails à des amis. Voici donc une dernière chronique avant le jour J.

En ce samedi, la situation est claire, et elle n’est pas toute rose : tous les sondages donnent Sarkozy gagnant, et ils ne se sont jamais trompé sur un deuxième tour. C’est donc un peu du fond du trou que je vous écris, cherchant en moi quelques raisons d’espérer pour les partager avec vous.

La première raison d’espérer, c’est que devant une victoire criée sur tous les toits avant le scrutin, si j’étais un électeur de droite (c’est assez dur de s’imaginer comme un électeur de droite, mais bon, c’est pour la bonne cause…), je ne me déplacerais pas, surtout en prévision des longues files d’attentes qui ne manqueront pas de s’étirer devant les bureaux de votes… C’est vrai que c’est dommage de miser sur une baisse de la participation, mais c’est une raison de plus pour mobiliser les troupes à gauche…

Une autre raison d’espérer, c’est que Ségolène a fait une très bonne campagne, qu’elle a une vision de la société bien plus large que celle de Sarkozy, et que ça devrait finir par se voir ! Lors du débat de mercredi (que j’ai trouvé décevant car n’abordant que très peu certains sujets de fond comme l’Europe, l’international, la perte de contrôle sur nos instruments de politique économique…), une chose m’a paru évidente : Sarkozy restait au niveau des pâquerettes, engoncé dans son costume de candidat, prenant les sujets les uns après les autres bien comme le lui demandaient les journalistes et comme c’était écrit sur ses fiches. Ségolène, de son côté, a montré une vraie hauteur de vue, n’hésitant pas à jongler avec les sujets quand cela était justifié. Sarkozy lui a reproché de tout aborder en même temps et de ne pas approfondir, mais que doit-on attendre d’une Présidente ou d’un Président ? Qu’il connaisse à fond ses fiches, préparées par d’autres, ou qu’il expose une vision cohérente de la société, qu’il soit tourné vers l’avenir ?

Enfin, et je terminerai là-dessus, les Français ont montré au premier tour qu’ils aimaient de nouveau voter. Au deuxième tour, ils devraient être cohérents avec eux-mêmes, et voter pour la candidate qui provoquera le plus d’élections une fois élue : avec Ségolène, nous serons appelés à nous rendre trois fois aux urnes en plus des échéances électorales prévues : référendum sur les changements constitutionnels (la fameuse VIe République), référendum sur la Turquie, et référendum sur le traité européen. Sarkozy n’a pas évoqué le premier sujet, il a répondu « non » à la place des Français sur le second, et veut que le troisième soit ratifié par voie parlementaire. Alors, si vous aimez voter, votez Ségo !

Et puisque cette chronique était plus courte que les autres, je vous mets ci-dessous un texte, que je trouve très bien, de mon copain Guilhem (un économiste, un vrai, que je trouve très bien aussi), sur l’utilisation des chiffres par Sarko.

A bientôt,

Adrien

PS : Retrouvez mes chroniques, et bien d’autres choses encore, sur le blog de Désirs d’Avenir Maroc : http://desirsdavenirmaroc.wordpress.com

Sarkozy ou l’inculture du résultat ?

Bonjour,

 

je ne suis pas coutumier de ce genre d’exercice, à savoir d’une part envoyer des mass emails pour autre chose que des conneries et d’autre part pour en plus vous faire profiter de mon avis politique.

Alors c’est juste très modestement que je veux vous donner un éclairage sur un point précis, qui me concerne moi, en tant qu’économiste, et qui, peut etre, peut donner un eclairage sur une certaine manière de fonctionner de Nicolas Sarkozy. Et comme en plus je suis un pédagogue hors pair, j’en profite pour élargir un petit peu et vous faire part de certains points qui me font tiquer sur un sujet que je commence à connaître un petit peu, à savoir les statistiques et leur utilisation. J’avais hésité à envoyer ce texte dans cette version. Rédigé avant le débat de mercredi soir, je trouve en fait qu’il reste complétement d’actualité.

 

Lors de son intervention sur France 2 de mardi dernier, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il y a « consensus chez les économistes que son programme est le meilleur ».

C’est tout simplement faux.

S’il peut en effet revendiquer le soutien prestigieux d’Olivier Blanchard, professeur au MIT c’est en fait l’un des rares économistes “connus” à lui avoir apporté son soutien.

A l’inverse, Segolene Royal peut se prévaloir de soutiens de premiers plans tels que celui de Thomas Piketty (ancien professeur au MIT, fondateur de l’Ecole d’Economie de Paris), Daniel Cohen (professeur à l’Ecole Normale Superieure de la rue d’Ulm, Vice Directeur de l’Ecole d’Economie de Paris).

Pour ceux qui voient dans ces quelques noms la démonstration qu’une certaine intelligentsia parisienne s’achete une bonne conscience en appelant à voter à gauche alors qu’elle vit dans le caviar, il conviendrait de citer des noms d’économistes d’autres horizons.

Justement, aux Etats Unis aussi, des économistes tels que Philippe Aghion (professeur à Harvard) ou bien encore Thomas Philippon (professeur à la New York University) ont eux aussi appelé à voter Ségolène Royal.

 

Il est donc faux et mensonger de dire que “les économistes” soutiennent un candidat plus que l’autre. Et Nicolas Sarkozy ne peut pas l’ignorer, puisqu’il fait regulierement l’objet des charges assassines de Thomas Piketty.

 

En quoi cela nous éclaire t’il sur le fonctionnement de Nicolas Sarkozy ?

Il me semble que cet exemple met bien en évidence un certain cynisme qui le caractérise : conscient de l’impact médiatique de l’annonce au journal de 20 heures qu’un économiste potentiellement nobelisable (au même titre que Philippe Aghion, d’ailleurs) trouve son programme meilleur que celui de son adversaire, il n’hésite pas à transformer la réalité pour la plier à son besoin immédiat de marketing : ce n’est alors plus un, mais tous les économistes qui défendent Nicolas Sarkozy.

L’affaire est pliée, Nicolas Sarkozy a l’effet qu’il cherchait.

Mais il a menti. 

Et il a menti d’une manière encore une fois assez caractéristique de sa manière d’agir : il a eu recours à un argument d’autorité avec tous les signes exterieurs de transparence et d’objectivité (un nobelisable, professeur dans une université prestigieuse) pour annoncer une contre verité, “les économistes” le soutiennent, que peu de personnes parmi son audience auront les moyens de venir contredire (qui avait jamais entendu parler d’Olivier Blanchard avant ce mardi soir ?).

 

Or, cette manière de fonctionner (de communiquer, devrais je dire), s’est instaurée en système dans la campagne de Nicolas Sarkozy : il se permet d’affirmer doctement ce qu’il sait être des mensonges, en les drapant dans un emballage pseudo scientifique lui donnant une légitimité.

Les chiffres de la délinquance par exemple. “La délinquance a baissé sous Sarkozy” tout le monde sait ça… mais qui sait par contre que la délinquance violente a augmenté de 13,9% entre 2002 et 2007 ? Et encore, il ne s’agit là que des chiffres de la déliquance mesurable, c’est à dire celle qui donne lieu à un dépot de plainte, mais les actes de violence sont parmi ceux qui font le moins souvent l’objet de plaintes (car il n’y a rien à gagner à porter plainte, à l’opposé des cas de vols par exemples, couverts par assurance), il y a donc fort à parier que les actes de violence ont  augmenté dans une plus large mesure encore sous le ministère de Nicolas Sarkozy…

Sarkozy, encore une fois, se pare d’arguments d’autorité, les chiffres officiels de la déliquance, pour les déformer, leur faire dire ce qui l’interesse, et au final, mentir et déformer la réalité.

 

Cela est inquiétant, parce que cela fait montre d’un mépris total pour son audience, et en particulier pour ses électeurs, moins enclins à aller vérifier ses dires. Mais c’est inquietant, aussi et surtout, parce que Nicolas Sarkozy se pose en défenseur d’une “culture du résultat”, résultats dont on se doute qu’il faudra les chiffrer… Or, vouloir connaitre les résultats d’une politique, c’est théoriquement avant tout pour en mettre en avant les défauts et les imperfections, afin de les corriger et ainsi d’améliorer l’efficacité de l’action publique. C’est en soit louable, et cela a d’ailleurs un nom, cela s’appelle la Statistique Publique. Informer les gouvernants et les citoyens de la situation réelle du pays et de l’ensemble de ses habitants, afin de mieux en comprendre les problèmes et de mieux analyser l’impact des solutions précédemment mises en œuvres, c’est en effet précisément là le but de la Statistique Publique, outil indispensable d’une démocratie moderne.

 

Mais Nicolas Sarkozy et le gouvernement auquel il appartenait semblent avoir une vision très particuliere du résultat et de l’utilisation de la statistique : il n’y a de résultat que si celui ci est bon, une statistique n’est vraie que si elle va dans le sens du gouvernement. Toute autre possibilité étant oubliée (la délinquance violente) ou voire même niée (les chiffres du chômage ont par exemple été à ce point bidonnés que les fonctionnaires de l’INSEE et du Ministère du Travail, pourtant en charge de les calculer, ont eux même dénoncé la supercherie).

 

Si l’évaluation d’une politique ne peut conduire à une critique et à une reflexion sur cette dernière, c’est qu’elle n’a été pensée que pour pouvoir la justifier a posteriori. Comme un outil de marketing donc, et non d’information, soit tout le contraire de ce à quoi doit servir la Statistique Publique.

Nicolas Sarkozy, qui se complait dans une accumulation de détails chiffrés, aussi ahurissants que ceux-ci puissent être (les 68 milliards de baisse de prelevements obligatoires…), ne fait preuve que d’une chose : c’est un inculte du résultat.

 

Guilhem

 

 

PS : quelques sources qui m’ont pas mal aidées pour la rédaction de ce mail et qui sont autant de liens utiles pour connaître les analyses proposées par les économistes :

 

Le blog de Philippe Askenazy, chercheur à l’Ecole d’Economie de Paris, dont la lecture a largement suscité ce mail :

http://philippeaskenazy.blogs.nouvelobs.com/

Un des articles de Thomas Piketty sur Nicolas Sarkozy, sur la réduction des prelevements obligatoires http://www.liberation.fr/rebonds/234540.FR.php

Telos, un blog d’économistes, qui porte en ce moment, actualité oblige,  beaucoup sur les élections :

http://www.telos-eu.com/2007/01/

Olivier Blanchard  a déclaré son soutien à Sarkozy sur ce même blog :

http://www.telos-eu.com/2007/03/pourquoi_je_voterai_sarkozy.php

Un article de Libération soulignant le fait que Segolene Royal est plutot bien soutenue par les économistes (dont d’autres que ceux que je cite) :

http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/239820.FR.php

La campagne déchiffrée, un blog d’économistes visant explicitement à donner des clés de compréhension de la campagne :

http://economistes.blogs.liberation.fr/chiffrage/

Sur l’exemple des chiffres de la délinquance, et sur encore plein d’autres choses, je vous renvoie à l’ouvrage à paraitre de Serge Portelli, Vice President au Tribunal de Paris :

http://www.betapolitique.fr/spip.php?rubrique0043

Sur les chiffres du chomage (seul un extrait est désormais disponible gratuitement en ligne):

http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=986871

Sur les statistiques en général et sur d’autres questions encore, le blog d’Eric Maurin, ancien statisticien de l’INSEE :

http://ericmaurin.blogs.nouvelobs.com/