15-02-07
Texte écrit par Amadou BA, doctorant en histoire et militant PS du Val de Marne
Dans son pacte présidentiel, la désormais « Femme du 16 novembre », a largement fait allusion à l’Afrique. Mieux, elle s’est même présentée comme l’avocate de l’Afrique. Oui de l’Afrique, cette Afrique oubliée, méprisée, laissée à elle-même par les grands décideurs de ce monde qui ne pensent à ce continent que quand il s’agit de piller ses richesses et de se faire des profits. Les militants, observateurs et même les journalistes originaires de ce continent n’ont pu retenir leur joie et leur fierté quand la native de Ouakam (2) prononça ces phrases :
« Le réalisme, c’est aussi choisir des priorités. Nous regarderons d’abord devant notre porte, et je vais vous surprendre : notre porte c’est l’Afrique. L’Afrique est notre voisine. Elle est là, cette Afrique à laquelle m’attachent tant de liens. Elle est là, vivante, dynamique, mais accablée de maux et de tensions. Chaque Africain qui parvient à nous rejoindre en témoigne. Et il ne comprend pas qu’après tous ces beaux discours, nous tournions la tête et nous nous barricadions. Il ne comprend pas, parce que l’avenir, qui appartient aujourd’hui aux Chinois et aux Indiens encore, oubliés, écartés, voici moins de vingt ans, appartiendra peut être demain à son frère, à son fils, un Africain (…). »
Il faut avoir du culot et s’appeler Ségolène Royal pour oser utiliser ce langage de vérité et de sincérité vis-à-vis d’un continent où on ne voit que du mal. Il faut s’appeler « Ségolène la juste », pour oser bousculer les mentalités et les idées reçues pour enfin que cette phobie, ces préjugés, cette crainte envers les Africains, cultivées par des politiques irresponsables soient totalement détruites. Il faut s’appeler « Ségolène la courageuse » pour oser en pleine campagne électorale dire tout haut ce que certains pensent tout bas. Oui il faut s’appeler « Ségolène la généreuse » pour réserver une place de choix dans son programme électorale à un continent dont on dit qu’il ne peut rien apporter à la France.
Jamais un leader politique français n’aura été aussi clair et transparent et agréable dans son langage envers l’Afrique. Des propositions, elle en fait et pas les moindres.
Parmi ces propositions, on peut citer, la volonté de coopérer avec l’Afrique par la mise en place du co-développement. C’est la meilleure façon d’endiguer l’immigration illégale et lutter contre les mafias qui l’organisent dira t-elle. Le remède contre cette immigration qui fait plus mal à l’Afrique qu’à aucune autre nation, est possible seulement par la réduction des écarts entre Nord et Sud. Pour y arriver Ségolène l’Africaine mise fortement sur le co-développement qui dira t-elle est son objectif. Pour rendre ce co-développement efficace, productif et durable, Ségolène Royal compte réformer et réorienter l’aide publique vers les circuits courts, la santé, l’éducation, l’énergie solaire, les associations de femmes, le micro crédit, expérience qu’elle a observée dans son pays de naissance le Sénégal. Cet argent destiné à tous les Africains sera utilisé d’une façon juste et transparente en cessant d’alimenter les gouvernements corrompus.
« Ségolène la démocrate » s’engage également à donner un énorme coup de pousse aux Etats africains dans leur voie pour la mise en place de régimes démocratiques. Avec Ségolène, fini les réseaux de la Françafrique (3) et les soutiens aux régimes sanguinaires.
La candidate socialiste entend aussi redonner à l’histoire qui lie la France et l’Afrique, sa vraie place. « L’esclavage et la colonisation doivent trouver toute leur place dans nos programmes scolaires ainsi que les grand œuvres littéraires et historique » affirme t-elle. Voilà la France qu’on aime, cette France qui s’accepte, qui accepte son passé colonial et assume ses erreurs du passé et qui discute sincèrement avec les descendants de ceux là qui se battaient hier sans complexe au prix de leur vie pour défendre la « mère patrie » et répandre le drapeau tricolore dans les quatre coins de la planète. Je veux parler bien évidemment des anciens combattants ouest-africains connus sous le nom de tirailleurs sénégalais (4) , des tirailleurs du Maghreb (5) et de ceux de la côte est des Somalis (6) , qui ont permis à la France de conquérir de vastes territoires dotés de richesses immenses, donc d’être une grande puissance économique, militaire, politique et par la suite culturelle. Oui nos braves tirailleurs ont fait aussi de la France une puissance culturelle, car c’est en partie grâce à leur sacrifice que la langue de Molière a pu être enseignée après la pacification des territoires vaincus. Aujourd’hui, le français est parlé par des millions d’individus dans le monde. Ségolène Royale n’a pas manqué de le rappeler dans son discours de ce dimanche par ces mots : « N’oublions jamais la dimension de la francophonie. Il y aura, en 2050, trois cents millions d’hommes et de femmes qui parleront français ! Je souhaite qu’il en ait davantage. Bien davantage. Je souhaite une France qui parle, dans sa langue, sa propre langue au monde ».
Ségolène Royal a enfin condamné le génocide contre les Tutsi au Rwanda, génocide qu’elle qualifie de crime contre l’humanité, une insulte à l’humanité de l’homme, un deuil pour le monde. Alors plus jamais ça. C’est pourquoi elle appelle la communauté internationale à réagir vite face à la tragédie du Darfour, tragédie qu’elle pense que la communauté internationale a sans doute les moyens de stopper. Très choquée par ces pertes humaines dont personne ne dit rien, Madame Royal elle, se pose des questions et exige des réponses. Pourquoi elle (la communauté internationale) ne le fait pas ? Pourquoi la France, celle des internationalistes qui ont fondé le Socialisme, celle des Républicains qui croit que la France a un rôle particulier, ne fait-elle pas pression pour que s’arrête le massacre ?
Une fois de plus, jamais aucun leader politique français et peut être même européen et américain n’a été aussi directe, précis, et sincère envers le continent africain. Une chose est sure, Ségolène Royal a intégré un point fondamental dans la campagne française et bientôt européenne, celui de la place de l’Afrique dans les discours politiques des pays développés. Désormais les responsables politiques européens devront composer avec cette donne et faire un pacte présidentiel avec l’Afrique car ce continent ne veut plus les discours démagogiques et les mensonges à répétition. L’Afrique a besoin d’un vrai partenariat fondé sur l’équité, la justice la sincérité, le respect de la parole et des engagements. Et ce partenariat, le seul candidat, du moins la seule candidate qui l’incarne et le revendique haut et fort en France, c’est bien Ségolène l’Africaine.
Alors chère Ségolène, nous sommes de tout cœur avec toi. Ce que je souhaite de tout mon cœur, ce que les Africains, et tous les assoiffés de justice et de vérité souhaitent c’est que tu sortes la tête haute lors de ces élections qui sont un véritable tournant dans l’histoire politique de la France, mais aussi celle de tous les pays qui partagent beaucoup de choses avec la France. Alors mobilisons nous tous, tous ensemble pour une victoire royale de Ségolène aux prochaines présidentielles.
Amadou BA
1-Débats au cours desquels les citoyens et citoyennes donnent leur point de vue sur la façon de faire la politique et font des propositions. Les débats participatifs sont une nouveauté en France. Ségolène en est la conceptrice.
2-Ouakam est un quartier de Dakar. Ce quartier abrite encore une base militaire française. C’est là que la candidate socialiste a vu le jour.
3-Terme utilisé pour désigner les réseaux mafieux entre la France et les Etats africains. François Xavier Vershave (disparu il y a de ce là trois ans) et l’association Survie, ont dénoncé et continuent de dénoncer cette pratique honteuse.
4-Les tirailleurs sénégalais sont les combattants recrutés dans l’ancienne AOF et une partie de l’AEF (Tchad, Oubangui Chari) et qui ont servi dans les guerres d’expéditions coloniales des XIXe et XXe siècle mais aussi ont contribué à la libération de la France pendant la 2e guerre mondiale. Au lieu de les remercier et récompenser, la France a préféré les publier et parfois les tuer comme ce fut ce cas du massacre de Thiaroye en 1944.
5-Les tirailleurs du Maghreb (Kabyles, marocains, Tunisiens), ont été recrutés en masse par la France comme leurs frères de l’Afrique noire.
6-Il s’agit des Zanzibarites, des Afars et des Issa de Djibouti et une partie des pays de la corne de l’Afrique. Ils sont moins nombreux que les Africains de l’intérieur et les Maghrébins mais ont eux aussi participé à la grandeur et la libération de la France.